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L’entreprise Coton d’or ou l’artisanat en marche

En prélude à la grande messe de l’artisanat de Ouagadougou, l’AIB a rencontré Mme Segueda/ Koudougou Angeline (MS), promotrice de l’entreprise Coton d’or à Léo.

AIB : Comment êtes vous venue dans le secteur de textile ?

Mme Segueda/Koudougou Angeline (MS) : C’est en 1980 que j’ai appris à tisser chez une voisine à Ouagadougou et cela, à la faveur du mot d’ordre de l’époque « Produisons et consommons burkinabé » ; j’ai pris part à un test de recrutement de tisseuses organisé par l’Action sociale et réunissant les femmes des différents secteurs de Ouagadougou où j’ai été première. En son temps, je n’avais pas l’esprit d’entrepreneuriat ; c’était vraiment la débrouillardise, juste avoir la pitance journalière. Après la révolution, le tissage ne marchait plus et je ne me suis lancée dans le commerce des pagnes prêts à porter jusqu’en 1991 où mon mari fut affecté à Léo ; je me suis tout de suite posée la question : qu’est ce je vais faire ? Suite à une série de formations en entrepreneuriat, en leadership, gestion des entreprises dont j’ai bénéficié de la part du projet promotion de l’artisanat au Burkina (PAB), j’ai pris la décision de monter en 1997 une entreprise « Wend Kuni » qui est devenue « Coton d’or » en 2005.

AIB : Quelles sont les activités menées au sein de votre entreprise ?

MS : L’entreprise mène les activités suivantes : traitement du fil, le prétraitement de fil avant la teinture, la teinture sur fil et le tissage. Ce sont là les activités de production qui sont menées par Coton d’or. La longue expérience et le cumul de connaissances ont fait de moi une formatrice complète dans le traitement du textile. Je lègue aussi mes connaissances aux femmes et aux jeunes filles que je forme en teinture et en tissage dans l’atelier Coton d’or. Des formations continues sur deux ans sont dispensées dans le même atelier et d’autres formations à l’intention des femmes dans diverses localités (Koudougou, Fada N’Gourma, Siglé, Naguèla etc..).

AIB : Quels sont les produits que vous proposez aux clients ?

MS : Coton d’or propose à ses clients des produits à 90 % coton pur et 10 % de polyster. Il s’agit des pagnes tissés en motif femme et homme, des prêts à porter, des écharpes, tenues homme (ensemble et demi-saison), des sacs à main, des draps de lit…

AIB : Combien d’employés travaillent dans votre l’atelier ?

MS : Coton d’or emploie huit jeunes dont trois travaillent à temps plein et les cinq autres des apprentis. Nous faisons également de la sous-traitance avec d’autres tisseuses. Je note également que l’activité principale de l’atelier est le tissage et la teinture comme activité secondaire que je fais moi-même pour garantir la qualité de mes produits car j’ai été formée en teinture, surtout une spécialisation en teinture sur fil ; je sous-traite également en teinture sur fil avec ceux- là qui m’ont formée en la matière.

AIB : Comment se présente le marché de vos produits ?

MS : Le marché n’est pas régulier, il y a des moments où ça va, il faut créer le marché ; c’est pour cela que nous saisissons certaines manifestations au niveau local comme des opportunités d’affaires. Pour donner plus de visibilité à l’entreprise, j’ai décidé de louer un local au niveau de la Maison de la femme, où nous avons l’atelier de tissage et la boutique. Mon troisième fils (Christian Segueda), en deuxième année d’anglais à l’Université de Ouagadougou continue aussi d’exercer le métier ; il représente Coton d’or à Ouagadougou. Certains clients fidèles nous aident à faire la promotion de nos produits et nous pouvons dire que ça va tout doucement.

AIB : Avez-vous déjà pris part à des expositions ?

MS : Le marché étant un cadre de valorisation des produits de qualité sur le plan national, régional et international, Coton d’or a participé au Salon international de l’artisanat de Ouagadougou (SIAO) de 2000 à 2006, nous nous préparons pour l’édition 2008 ; Coton d’or a également pris part à la rue marchande lors du Festival panafricain du cinéma et de la télévision de Ouagadougou (FESPACO) de 2001 à 2005, à la semaine commerciale sénégalo-malienne au Mali de 2004 à 2005, à la foire ameublement et décoration au Mali en 2005, à la Semaine commerciale des artisans maliens en Guinée Conakry en 2005, à la Foire internationale de Dakar en 2002, à la Foire de Parakou au Bénin en 2003 et à la Foire nationale du Togo en 2001. Nous avons également participé aux journées de valorisation de textile à Bobo Dioulasso où nous avons obtenu le 1er prix en tissage par deux fois ; j’ai pris part à ces journées en juin 2006, j’ai reçu le 1er prix lors de la Journée promotionnelle des artisans de la Sissili. Toutes ces participations m’ont permis d’améliorer les choses, car se sont des lieux d’affaires, d’échanges et de concurrence donc, il ne faut pas y aller avec du n’importe quoi, la preuve est qu’en 2006 au SIAO, j’ai mis des fiches à la disposition des clients pour appréciation. Et j’avoue que cela m’a permis d’avoir beaucoup de partenaires au niveau national, régional et international qui nous aident à faire la promotion de nos produits.

AIB : Mme Segueda, en tant que femme mariée, comment parvenez-vous à concilier votre vie de ménage à celle de votre entreprise ? MS : En tout cas, je n’ai pas de problème en ce sens que toute ma famille m’encourage et me soutient dans ce que je fais, surtout mon mari qui, non seulement m’a beaucoup encouragée dès le début, mais également m’a aidée sur plusieurs formes. J’avoue que toute la famille contribue pour la réussite de Coton d’or. Tous nos enfants, à partir du CM2, commencent à apprendre le tissage ; notre 3e fils, comme je le disais tantôt, qui fait la 2ème année d’anglais à l’Université de Ouagadougou, continue d’exercer le métier et il souhaite faire carrière dans le tissage. Présentement, c’est lui donc qui représente Coton d’or à Ouagadougou.

AIB : Quel appel avez vous à lancer à l’endroit du public ?

MS : J’invite tout d’abord les uns et les autres à œuvrer pour la valorisation du coton, le Burkina étant un grand producteur de ce produit, il est tout à fait normal que nous valorisons cette matière première par la création des unités de transformation car c’est de l’argent qui contribuera au développement du pays. J’invite les premiers responsables de ce pays à nous appuyer en nous facilitant l’accès au crédit, car il y a trop de protocole. En s’habillant en costumes traditionnels lors des cérémonies ou des grandes rencontres régionales, nationales ou internationales, cela peut faire la promotion de l’artisanat burkinabé. Je ne peux terminer sans remercier tous les partenaires qui ont intervenu ou continuent d’intervenir dans le cadre de mon entreprise ; je réitère tous mes remerciements à mon mari qui n’a cessé de m’appuyer dans toutes mes entreprises. Je lance enfin un appel aux bonnes volontés de me soutenir financièrement ou matériellement, dans la perspective de construire mon propre atelier ; car il n’y a rien de tel que de travailler dans ses propres locaux.

Source Sidwaya du 16/10/2008 par Olivier A NIGNAN AIB/Léo

Publié le jeudi 16 octobre 2008, par admin

 
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